sous les cèdres
20:00 - 21:30
4 facettes du chant diphonique mongol xöömij pour la première fois sur scène
Dörvön Berkh signifie en mongol le coup de jeu dans lequel les quatre différentes faces
des osselets tombent en même temps. C'est un coup rare dans le jeu d'osselet (le shagai), qui
porte chance et qui présage un bel avenir. Dans un sens figuré c'est aussi un terme qui
symbolise l'ascension de quatre personnes ensemble vers un sommet de la réalisation sociale. 4
faces du jeu d'osselets, c'est aussi 4 faces du chant diphonique comme on ne l'a jamais
entendu, on les lance ensemble pour le premier coup et si la chance l'emporte, on y rejouera,
sans doute
À l'initiative de Johanni Curtet, doctorant en ethnomusicologie, et de Tsend-Ochiriin
Otgonbaatar, manageur, Routes Nomades a décidé dans l'année 2006-2007, d'organiser en
Mongolie, à Oulan Bator, une rencontre de chanteurs sans précédents. C'était un véritable
pari car les chanteurs de xöömij ne font pas de projet à plusieurs. Le chant diphonique est une
pratique individualiste et les maîtres mongols ont une fierté qu'ils ne dissimulent pas.
Nous avions proposé le projet un an déjà avant l'événement à quatre d'entre eux, qui
comptent parmis les plus célèbres du pays. Ils font encore à ce jour partie des plus grands
ambassadeurs du chant diphonique mongol, tant par leurs carrières internationales que par
la qualité de leurs voix. Nous leur avions expliqué quel était l'intérêt de les réunir : faire un
concert inédit qui n'a encore jamais été joué en Mongolie comme ailleurs, mettre en avant la
diversité de leurs pratiques, présenter les différents aspects du chant diphonique sous toutes
ses formes entre tradition et modernité, et favoriser le fruit de leur rencontre musicale.
Ce projet reçut l'aide financière de l'Alliance Française de Mongolie, Routes
Nomades, Global Design, la Région de Xovd, le Théâtre Dramatique de la ville de Xovd et la
mairie de Chandman. La création a eu lieu dans l'Auditorium de la Galerie d'Art Moderne
d'Oulan Bator les 7 et 8 avril 2007. Nous avions donné aux chanteurs comme consigne de
départ d'imaginer un univers partant de leur patrimoine traditionnel commun et de créer
avec ce matériau quelque chose de nouveau, pour plonger le spectateur dans l'univers des
harmoniques et au coeur des légendes qui placent le chant diphonique au centre de la nature.
Le résultat que nous vous présentons est une joute de virtuosité vocale dans certains
moments du concert. On peut entendre des passages fortement liés à la tradition du chant
diphonique, comme l'interprétation des chants de louanges magtaal, des mélodies
traditionnelles accompagnées ou non de leurs instruments, et des nouvelles pièces "néotraditionnelles",
qui sont le jet de leur travail collectif. L'utilisation des instruments est
minimale car les chanteurs souhaitaient avant tout laisser la place au xöömij et à la voix en
général.
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