Festival de didgeridoo Airvault 2009 .::. Le Rêve De l'Aborigène

.::° Tserendavaa & Tsogtgerel (+ Johanni) (Altaï, Mongolie) °::.

sous les cèdres

21:30 - 23:00

La musique traditionnelle de Mongolie, d'une richesse vocale incroyable, est transmise chez les nomades de génération en génération par la voie orale. C'est ce que Tserendavaa a réalisé avec son fils Tsogtgerel âgé de 18 ans. Dans leur famille, on est musicien depuis plusieurs générations. Routes Nomades propose, pour la troisième fois en Europe, de les faire venir jouer en famille et de donner à entendre une musique qu'ils pratiquent au quotidien. C'est au pied du Mont Jargalant Altaï, dans l'Ouest de la Mongolie, à Chandman, que se perpétue dans son berceau une partie de la tradition du xöömij (chant diphonique Mongol). Tserendavaa est l'un des grands maîtres actuels de cette technique vocale si singulière. Leur concert met en avant ce trésor dont ils sont les nobles représentants. Pour nous emmener en voyage à travers la musicalité de leur région, ils interprètent aussi des chants longs urtiin duu, des chants courts bogino duu, des chants de louanges magtaal, le sifflement isgeree, en s'accompagnant de leurs vièles à tête de cheval moriin khuur et luths tovshuur. Johanni Curtet, spécialiste du chant diphonique, élève de Trân Quang Hai puis de Tserendavaa, les accompagne en "diphonie" à la fin de leur concert dans un trio improvisé qui donne à entendre des images sonores de l'univers des nomades mongols.

Le "chant diphonique" est un terme générique qui définit toute pratique vocale d'une seule personne superposant volontairement deux sons simultanément avec leur voix. C'est une mélodie d'harmoniques chantée au-dessus d'un son fondamental appelé bourdon. Les harmoniques viennent du bourdon vocal et sont extraits grâce à une pression simultanée du pharynx et du diaphragme. Il existe dans le monde plusieurs traditions de chant diphonique. Il est pratiqué par les hommes le plus souvent mais aussi par les femmes. Là où résident les ethnies turco-mongoles xalx, touva ou urianghai, bayad, zaghtshin et kalmouk, est pratiqué ce que l'on nomme en langue mongole le xöömij ou xöömei. Ce terme signifie littéralement "pharynx", partie principale du corps qui sert à produire cette technique vocale. C'est aussi le nom générique du genre du chant diphonique mongol. On trouve en Mongolie une multitude de techniques. Elles se regroupent sous deux styles principaux : le xarxiraa (xöömij profond) et l'isgeree xöömij (xöömij sifflé). Ce qui oppose ces deux styles, et c'est pour cela qu'ils sont bien différents, c'est la manière dont les harmoniques sont produits.

Dashdorjiin Tserendavaa

Né en 1955 à Chandman dans la province de Xovd, il réside dans la région de Chandman depuis toujours et y vit comme berger nomade et chanteur de xöömij. Chandman a longtemps été qualifié de "berceau du xöömij" car c'est ici que sont nés quelques-uns des meilleurs chanteurs de la discipline et c'est de ce point que la diphonie s'est développée dans le tout le pays avant de conquérir le monde, comme l'a fait Gengis Khan. Tserendavaa, avec plusieurs chanteurs issus de l'Ouest du pays, a été l'un des principaux acteurs du développement que le chant diphonique a connu en Mongolie dans les trente dernières années. Il pratique sept types de xöömij qu'il a transmis progressivement à Tsogtgerel.

Tserendavaagiin Tsogtgerel

Né en 1990, c'est dans le contexte de la vie pastorale des bergers de l'Altaï que Tsogtgerel a reçu l'enseignement de son père Tserendavaa qui l'a lui-même assimilé des aïeux, toujours par l'écoute et l'imitation. Tsogtgerel a commencé son apprentissage du chant diphonique à l'âge de 13 ans. L'entraînement se fait par imitation, et lorsque la technique apprise est jugée bonne, il peut la transformer afin de se l'approprier. C'est en gardant les troupeaux de sa famille, ou dans son campement de yourtes, nomadisant 5 à 6 fois par an entre le Mont Jagarlant Altaï et le lac Xar Nuur dans la région de Chandman, que Tsogtgerel a pu maîtriser rapidement les techniques diphoniques de son père. Dès l'âge de 16 ans, reconnu comme jeune virtuose par la communauté des chanteurs diphoniques de sa région, sa famille l'envoie à l'université d'Art et de Culture d'Oulan Bator apprendre le xöömij avec un autre maître, Baatariin Odsuren. Tserendavaa souhaitait qu'il aille au-delà de son enseignement pour enrichir sa pratique. Une preuve d'humilité dans un milieu devenu des plus concurrentiel. Il est aussi joueur de vièle à tête de cheval (moriin xuur). Il a commencé à l'apprendre avec son père, sous la yourte, puis avec Tuvshin, l'un des derniers professeurs de cet instrument à avoir conservé un style de jeu de l'Ouest de la Mongolie. Il continue de l'étudier actuellement à l'université.

Johanni Curtet

Doctorant en ethnomusicologie mongole à l'université de Rennes 2, musicien et chanteur de chant diphonique. Ses recherches portent sur les techniques diphoniques et l'apprentissage du xöömij à travers l'oralité en Mongolie. Après avoir suivit l'enseignement de Tserendavaa et séjourné plusieurs fois en Mongolie, il enseigne le chant diphonique en France sous forme de stages ou d'ateliers (Université Rennes 2, Cité de la Musique).

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Tserendavaa & Tsogtgerel (+ Johanni) (Altaï, Mongolie)



Tserendavaa & Tsogtgerel (+ Johanni) (Altaï, Mongolie)



Tserendavaa & Tsogtgerel (+ Johanni) (Altaï, Mongolie)